L’Alerte enlèvement a été activée en début de soirée, a annoncé la direction de la police judiciaire (PJ) à Paris.

«L’enfant Ibrahima Nacir DOUCOURE, petit garçon âgé de 18 mois, métis de type africain, chevelure abondante, vêtu d’un pyjama bleu, a été enlevé ce mardi 16 février entre 8 h et 8h30 du domicile familial situé à Fontenay-sous-Bois (94), 25, avenue des Olympiades. Il est susceptible de se trouver en danger avec Monsieur Mahamadou DOUCOURE, âgé de 28 ans.

Il est demandé à toute personne ayant pu localiser l’enfant ou le suspect, de ne pas intervenir et de téléphoner « immédiatement » à la police au 08.05.201.000

Vous pouvez aussi envoyer un message à l’adresse suivante :

pppj-enlevement@interieur.gouv.fr»

L’alerte a été déclenchée après que les policiers eurent retrouvé mardi matin dans son appartement la maman du bébé, âgée de 26 ans, le corps lardé de coups de couteau et baignant dans son sang.

Les policiers avaient été appelés par des témoins en raison du comportement suspect de l’homme, l’ancien concubin de la jeune femme, pensant avoir à faire à un cambriolage. L’homme, qui est le père du bébé, est activement recherché par la police. La jeune femme vivait avec son père et son frère, lesquels étaient à leur travail au moment des faits mardi matin.

Le suspect est connu des services de police, a précisé une source judiciaire. Il a été mis en examen pour une affaire de viol en réunion qui est toujours à l’instruction.

Le plan « Alerte Enlèvement » est déclenché pour la neuvième fois depuis sa mise en place en 2006.

Dispositif d’alerte massive et immédiate pour rechercher un enfant enlevé, il est largement inspiré du plan « Amber Alert », créé au Texas en 1996, après l’enlèvement et l’assassinat de la petite Amber Hagerman.

Ce plan, adopté en France en février 2006, consiste à lancer à la radio, à la télévision et sur les panneaux des gares et autoroutes, une alerte massive pour mobiliser la population à la recherche d’un enfant enlevé et de son ravisseur.

L’opération doit être déclenchée le plus tôt possible après l’enlèvement car les enquêteurs ont constaté que les premières 24 heures étaient cruciales pour la survie de l’enfant.

En France, ce dispositif avait été testé avec succès lors de l’enlèvement de la petite Aurélia en novembre 2005 en Maine-et-Loire.

Il a été déclenché pour la première fois le 9 juillet 2006 après la disparition de deux soeurs, Emeline et Mélissa, 8 et 10 ans, dans le Maine-et-Loire. Cette affaire s’était révélée être une fausse alerte, les deux fillettes ayant regagné leur domicile une quinzaine d’heures après leur disparition.

En vertu de ce plan, chaînes de télévision et radios diffusent à intervalles réguliers le signalement de l’enfant, éventuellement celui de son ravisseur et tout renseignement pouvant permettre de retrouver leur trace.

A la télévision, un bandeau défile tous les quarts d’heure, tandis qu’un message en plein écran, avec éventuellement une photo, s’affiche entre les programmes. Les chaînes de la région où les faits se sont déroulés diffusent des messages plus rapprochés. SNCF, RATP et sociétés d’autoroute relaient le message.

Il est prévu de déclencher ce dispositif uniquement en cas d’enlèvement criminel.