le-figaro1LES TROIS premières heures qui suivent l’enlèvement d’un enfant sont décisives. « En 2004, après mon entrée au gouvernement, j’ai eu à affronter le cas terrible d’un petit garçon qui avait été enlevé et tué par un pédophile dans des conditions absolument sordides. Je me revois sur le moment en train de dire, dans une conférence de presse, que tout avait été fait pour le retrouver et le sauver, et je m’étais bien aperçu que, dans le fond, nos moyens avaient failli » , se souvient Nicole Guedj, invitée hier du « Buzz Média ». La secrétaire d’État aux Droits des victimes de l’époque décide alors de transposer le dispositif américain, Amber Alert, en France. Depuis sa mise en place en 2006, le modèle français de l’alerte enlèvement a été déclenché à huit reprises et a permis de sauver neuf enfants. À partir du 1 er  juin prochain, ce dispositif d’alerte sera étendu au média Internet, après la télévision et la radio, notamment.

Une première mondiale
L’ancienne ministre et actuelle présidente de Fa fondation Casques Rouges, au service de l’action humanitaire, vient en effet d’annoncer cette semaine à Paris un partenariat pour la diffusion des alertes enlèvement avec le concours de dix acteurs majeurs de l’Internet : Orange, SFR, Free, Google, Yahoo!, Microsoft, Dailymotion, BlogSpirit, l’Asic (Association des services Internet communautaires) et Silicon Sentier. « Tout le monde, durant les trois heures de déclenchement de l’alerte, n’est pas devant son poste de télévision ou à écouter la radio, ou encore sur le périphérique, indique Nicole Guedj. En revanche, 90 % des internautes peuvent être devant leur écran d’ordinateur et donc être informés d’une alerte enlèvement. » Le collectif baptisé « e-@lertenlevement » relaiera systématiquement le signalement de l’enfant disparu. « Sur les écrans, nous allons diffuser des bannières, des vidéos, mais aussi des SMS à partir du moment où l’abonné accepte de recevoir ce type d’alerte » , précise Nicole Guedj, conseillère d’État depuis 2006, qui fut chargée par Jacques Chirac d’une mission sur les technologies innovantes au service de l’action humanitaire, notamment lors des grandes catastrophes.
L’initiative de la France, qui permettra de toucher 15 millions d’internautes, est une première mondiale : « Certains pays ont mis en place des dispositifs similaires ou ressemblants ; je pense à l’Angleterre, aux Pays-Bas ou à la Grèce. La Suisse vient de faire voter le principe de la mise en place de la diffusion de l’alerte. Mais personne ne l’a encore étendu au Net. »

Philippe Larroque

15 mai 2009